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Zoo d’Asson, Jurassic Zoo au Coeur du Béarn

Ouvert dès 1964, le zoo d’ Asson est une affaire de famille, une famille de passionnés. C’est Luc Lorca qui le codirige depuis 18 ans avec sa cousine, Valérie Ramon. Doit-on encore présenter ce site exceptionnel ? Oui car il est en perpétuelle évolution, et 2019 ne faillit pas à la règle. Luc Lorca nous l’assure, la conservation des espèces est et reste au coeur de sa passion.

Côté classique, le zoo se décline suivant 4 espaces d’immersion lovés dans un parc paysager qui promet un dépaysement total à qui s’y aventure. L’espace Asie, où les espèces y sont nombreuses, diverses et très souvent en grave danger d’extinction : tigre blanc, panthère des neiges, panda roux, loutre cendrée, gibbons (3 espèces), l’espace Afrique et Madagascar regroupe quant à lui des espèces emblématiques ou peu connues, souvent menacées d’extinction également (zèbres, 6 espèces de lémuriens, mangoustes, antilopes, oiseaux…), l’espace Amérique du Sud et Patagonie : loups à crinière, ouistitis (6 espèces), lièvres de Patagonie, ocelots, sakis, singes capucin, et enfin l’espace Australie où évoluent cinq espèces de kangourous, dont certains en totale liberté au milieu des visiteurs.

Côté originalité et nouveauté 2019 : Jurassic zoo ! 

Luc Lorca, c’est une idée étrange que de faire évoluer des animaux éteints depuis 65 millions d’années au milieu d’ animaux bien vivants, non ? 

Bien au contraire. Etant agréé Education Nationale, les dinosaures rentrent totalement dans le cadre de notre mission d’éducation. Cet engagement auprès d’un jeune public ne pouvait que susciter de notre part qu’un seul leitmotiv : faire des choses de qualité. Nous avons longuement réfléchi en amont sur la mise en scène, sur une stratégie paysagère privilégiant des végétaux qui viennent de la préhistoire et en créant des univers différenciés et identifiables. Au total, c’est 12 espèces différentes de dinosaures représentées par 20 modèles qui sont présentés au public, regroupés en deux zones distinctes : l’Ancien et le Nouveau Monde. Des panneaux pédagogiques pour petits et grands complèteront la visite. Enfin, et pour faire naître des vocations, nous avons reconstitués un site de fouilles : à vos pinceaux pour déterrer des répliques de dinosaures fossilisés, des griffes, des phalanges, et même la réplique d’un fémur de 2 m de haut d’un apatosaure. Une fois ces éléments extraits, c’est à l’abri d’une grande tente de chercheurs paléontologues qu’il faudra interpréter les trouvailles, formuler des hypothèses, déterminer s’il s’agit d’un herbivore ou d’un carnivore, d’un tyrannosaure ou d’un tricératops. Dans cette démarche éducative, nous souhaitons attirer du public pour faire découvrir l’ensemble des animaux du parc bien vivants certes, mais pour beaucoup en voie d’extinction. Nous espérons sensibiliser notre public au programme de conservation qui est au coeur de notre pratique, en zoo ou dans la nature.

Est-ce qu’il n’y aurait pas un message subliminal au travers de cette collection ? 

Oui, bien sûr, nous voulons faire passer un message. Ces grands dominaient le monde. Un changement tellurique d’une grande ampleur et ils furent rasés de la terre. Aujourd’hui, la biodiversité est menacée. Certains scientifiques parlent même de la 6ème vague d’extinction depuis que la terre est terre. Les humains en sont la cause.

Est-il encore temps de faire quelque chose ? 

Absolument ! Nous participons à de nombreux programmes européens de préservation d’espèces en voie de disparition, comme par exemple les gibbons du Vietnam : cela fait 10 ans que nous les reproduisons afin de garantir la pérennité de l’espèce sur le long terme car il n’en existe plus que quelques centaines au Vietnam ; nous faisons de même avec certains lémuriens de Madagascar, en voie de disparition sur leur île. Nous bâtissons en quelque sorte des populations de secours. Là où le zoo d’Asson se distingue est dans la conservation originale des espèces : nous consacrons 2% de notre chiffre d’affaires à des programmes de conservation dans la nature : tamarins lions dorés au Brésil, petit panda au Népal, panthère des neiges en Mongolie et en Inde ; Nous achetons également de la forêt tropicale à Sumatra et à Bornéo. Notre ambition a toujours été d’y associer nos visiteurs : en payant leur entrée, en étant parrain de nos animaux, en adhérant à notre association, en étant sensibilisé à leurs habitudes de consommation sans culpabilité (huile de palme, bois exotique, consommation de soja, etc…), en participant aux nourrissages des animaux avec les soigneurs animaliers et aux samedis de la biodiversité, ils participent à l’arrêt de la disparition des espèces. Ils ont un impact direct sur la survie de ces espèces. Nous sommes fiers et heureux de les avoir associés à cette aventure qui est aujourd’hui, et plus que jamais, celle de tout un chacun.

Zoo d’Asson
6 chemin de Brouquet à Asson
Tél. 05 59 71 03 34
www.zoo-asson.org
Ouvert tout les jours de l’année à partir de 10h.

Texte : Corine Depeyrot / Photos : Zoo D’Asson – Corine Puch

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