Close
0
  • Bigorre Mag - Béarn Mag

Du Nord au Sud, le temps d’une traversée

Guide peu ordinaire, c’est aussi un récit de voyage a la portée de tous, au gout d’ailleurs. Prime au dernier Salon du Livre Pyrénéen, « Pyrénées longitude zéro, une traversée inédite le long du méridien de Greenwich » propose 9 itinéraires a la découverte de la richesse naturelle, paysagère et patrimoniale des Pyrénées des deux côtés de la frontière, de Lourdes a Alquezar. Rencontre avec l’auteur. 

Accompagnateur en montagne et moniteur cycliste, Bruno Valcke est également l’auteur de nombreux topo-guides. 6 mois furent nécessaires à l’écriture de son dernier ouvrage, auxquelles s’ajoutèrent des heures de recherche documentaire. Pour « éveiller la curiosité du lecteur randonneur, aguerri ou pas », Bruno Valcke partage sa traversée et une vision intime des Pyrénées. Itinéraires, description du paysage et des usages, éléments historiques, impressions personnelles, tout y est. « Une errance organisée » mise en mots et photos, dans les pas d’illustres prédécesseurs.

Quelles différences entre les Pyrénées de Louis Ramond de Carbonnières et celles de Bruno Valcke ? 

Les montagnes sont toujours là, deux siècles à leur échelle, ce n’est rien ! Le massif est quasiment le même, si on fait exception des glaciers. Les usages par contre ont quelque peu changé : nous sommes dans une pratique de loisirs, quand Ramond de Carbonnières et Lucien Briet croisaient des marchands, des contrebandiers. Ils bravèrent les méfiances que pouvaient avoir les populations locales, le but étant la découverte et l’envie de communiquer la beauté des choses.

Votre voyage a commencé sur une carte et se termine dans un livre. Marcher et écrire, ça va forcément ensemble ? 

Oui, je me reconnais dans cette définition du pyrénéisme : ascensionner, sentir, écrire. C’est peut-être dû à ma formation d’accompagnateur en montagne, le besoin d’aller en montagne et celui de retranscrire, de partager. Je ne vais pas en montagne pour cocher une collection de sommets.

La traversée commence à Lourdes et s’achève à Alquézar. Pourquoi ? 

Ce sont deux villes assez proches du méridien de Greenwich, des places à défendre en pleine occupation médiévale. Je trouvais cela amusant de les rejoindre avec une vision plus pacifique : se balader à travers la montagne et ne pas avoir en tête d’aller conquérir qui que ce soit.

Vous passez la frontière à la brèche de Roland. Qui passait par là il y a 200 ans ? 

A part quelques huluberlus comme les pyrénéistes, des colporteurs, qui passaient d’un versant à l’autre par la ligne la plus directe, des contrebandiers qui voulaient éviter les passages surveillés. C’était aussi un passage pour les échanges entre éleveurs de Gavarnie et de Torla, plus tard pour les réfugiés qui allaient au plus court, parfois la neige jusqu’aux hanches, des enfants dans les bras…

Avez-vous redécouvert certains secteurs ? Oui, comme le tronçon entre Hautacam et Luz par les crêtes, que je n’avais jamais eu la nécessité ou la curiosité de traverser. C’était une part du challenge, faire du lien entre des secteurs que je connaissais bien et des zones « blanches », comme certains secteurs en sierra aragonaise.

Quelles sont les rencontres qui vous ont marqué ? 

Un berger rencontré en septembre, j’étais la première personne qu’il croisait en 3 mois en dehors de sa famille qui le ravitaillait… c’est encore possible. La faune sauvage bien sûr, parce quand on est coupé de la société rapide et pressée, on est pleinement à l’écoute, on se met au rythme des animaux.

Cette expérience, c’est quelque chose que vous souhaitez à tout le monde ? 

Complètement, ne serait-ce qu’en passant deux ou trois nuits en montagne. Il faut aller dormir en montagne, on n’en revient pas le même.

Pyrénées longitude zéro, une traversée inédite le long du méridien de Greenwich, Bruno Valcke 2017, Rando Editions

Photos : Bruno Valcke / Texte : Florence Vergely

Related Posts