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Exposition au Carmel de Nissrine Seffar

Est-il besoin de redire ce que fut Guernica, ce massacre de plusieurs centaines d’innocents dont Pablo Picasso tira matière à un tableau commémoratif gigantesque, aujourd’hui encore l’un des plus célèbres au monde ? Probablement pas. Grâce à Picasso justement, cette attaque éclair, laquelle réunit sous une même bannière les trois fascismes ayant alors cours en Europe de l’ouest, celui de Franco, celui d’Hitler et celui de Mussolini, appartient à la conscience collective. 

Or cette conscience collective a besoin parfois d’être un peu secouée, pour que le malheur ne vienne pas frapper à nouveau sous le même masque. Et c’est le grand mérite de l’artiste Nissrine Seffar, exposée en ce moment-même au Carmel à Tarbes, de participer par ses oeuvres à ce devoir de mémoire…

Toiles jumelles 

Dès l’entrée, on est saisi par cette toile gigantesque, exactement de la même dimension que le Guernica de Picasso, auquel elle emprunte par ailleurs l’essentiel de sa composition. La grande différence entre ces deux tableaux, c’est que l’un est figuratif et que l’autre ne l’est pas. Celui de Nissrine Seffar semble avoir été obtenu par application de tampons de couleurs et de formes différentes. On nous expliquera qu’il s’agit ici «d’empreintes», notion clef sur laquelle repose le travail de Seffar…

Empreintes et traces 

Et effectivement, les autres oeuvres exposées relèvent elles aussi de cet intérêt porté à l’empreinte. Ici l’on trouve le dessin en négatif du blason de la ville de Guernica, là des volumes en plâtre obtenus par moulage de panses de brebis… Tout se confond dans la même douceur, ce qui est surprenant si l’on s’en tient au titre de l’exposition, mais qui se comprend mieux si l’on envisage les différents artefacts présentés comme des tentatives de réparation. La guerre a apporté son lot de souffrance, et bien qu’elle se poursuive encore à l’est du bassin méditerranéenne, il est temps de panser les plaies.

Anniversaire 

Cette exposition qui ranime la mémoire de Guernica est à replacer dans le contexte du 80e anniversaire de la Retirada espagnole que l’on célèbre cette année. C’est cet événement qui a conduit la ville de Tarbes, en partenariat avec le musée des Abattoirs de Toulouse, à proposer à l’attention du public quelquesunes des oeuvres de Nissrine Seffar. Il vous appartient de les découvrir, d’ici au 8 juin prochain, pour vous ressouvenir des extrémités malheureuses jusqu’auxquelles l’homme peut parvenir, et vous rappeler, avec l’artiste, qu’il peut toutefois guérir de la guerre, pour peu que l’on répare ce qui doit être réparer…

Le Carmel
14 rue Théophile Gautier à Tarbes
Tél. : 05 62 51 16 02

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